Le second Empire

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LE SECOND EMPIRE

    Louis Napoléon Bonaparte, nommé président de la république le 10 décembre 1848, envisage le rétablissement de l'empire.

    Après le coup d'état du 2 décembre 1851 ; Louis Napoléon Bonaparte propose au peuple les bases d'une nouvelle constitution, avec un président responsable élu pour dix ans.

    A Montmorency, le plébiscite a lieu sous la présidence de M. Bulard, maire. Sur 137 électeurs, 133 approuvent L.N.Bonaparte, 4 seulement votent contre.

    Mais en 1852, un sénatus-consulte proposa au peuple le rétablissement de la dignité impériale dans la personne de L.N.Bonaparte, avec hérédité dans sa descendance directe, légitime et adoptive.

    Le rétablissement de l'empire est adopté à une très grande majorité et, dans notre commune, sur 135 électeurs, 134 votent pour le rétablissement de l'empire, 1 seul vote contre.

    Le nouvel empereur prit le nom de napoléon III ; les membres du conseil municipal lui prêtent serment de fidélité et lui envoie la lettre suivante :

    " Sire, vous avez sauve la France de l'anarchie et vous avez rétabli le trône impérial sur lequel l'illustre et puissant héros dont vous portez si glorieusement le nom s'est assis il y a un demi-siècle. Ce n'est pas assez, vous avez compris qu'une compagne à votre haute destinée, une compagne, disons-nous, qui pût partager vos plaisirs et vos espérances. La providence veille sur vous Sire, elle vous a guidé dans l'inestimable choix que vous avez fait en vous donnant une épouse digne de vous. Daignez donc agréer nos vœux pour le bonheur de votre union. Quand à vous, auguste impératrice, qui avez voulu couronner votre alliance et inaugurer votre règne par des actes généreux et sublimes, dont le peuple, la famille, enfin la maternité, vous en garderont un éternel souvenir ; que vous êtes heureuse et généreuse Impératrice de posséder l'amour et le respect des Français qui, glorieux d'appartenir à la plus belle, à la plus civilisée des nations, publieront avec un légitime orgueil qu'il ont, pour souveraine, la plus sublime des femmes"

    Il est utile de dire que cette pompeuse adresse ne fut signée que par six conseillers municipaux.

 

    1867: En 1867, nouvelle adresse à l'empereur, à la suite d'un attentat dirigé contre l'empereur de Russie :

    "Les membres du conseil municipal de la commune de Montmorency, A sa Majesté Impériale, Sire, La nouvelle de l'odieux attentat dirigé contre l'Empereur de Russie, l'hôte auguste de la France, a soulevé dans tous les cœurs un juste sentiment de douleur et d'indignation. Le conseil municipal s'empresse d'exprimer à votre Majesté sa douloureuse sympathie et le prie d'agréer l'hommage de son inaltérable dévouement à la dynastie impériale"

Suivent 6 signatures.

 

    Le 15 juillet 1870, l'empereur Napoléon III déclare la guerre à l'Allemagne. Napoléon III engageait follement la lutte, sans l'avoir préparée, et sans avoir rien fait pour l'éviter.

    Aussi nos armées vont-elle de désastres en désastres.

    Les Prussiens arrivent à Montmorency le 25 août 1870, dévalant les cotes environnantes, les habitants, apeurés, quittent vivement le village et se réfugient dans le bois de la "Fin Champs" emmènent avec eux leurs bestiaux. Les Prussiens ne restent que le temps de se reposer et repartent rapidement vers Sedan, où s'écroulera l'Empire.

    A leur passage aucun méfaits ne fut signalé ; seule une vache, appartenant à M. Pierre Toussaint, fut abattue pour les besoins de leur armée.

    De toute la guerre, Les Prussiens ne revinrent cantonner à Montmorency. Ce n'est qu'après l'Armistice que leurs troupes occupèrent le pays, où elle vécurent, dans le calme, au frais de la population.

    Mais cette guerre devait coûter cher au peuple.

    Le 14 décembre 1870, par ordre de Prusse, le département de l'Aube doit verser un million de contribution de guerre, destiné à dédommager les propriétaires des bâtiments allemands capturés par les flottes françaises et à secourir les Allemands qui on étés expulsés de France.

    La quote-part de la commune est de 1452 Frs à verser dans un délais de dix jours.

    Je regretterais fort, dit le baron de Stein, d'être contraint à employer des mesures exécutoires par la force militaire, si la somme n'était pas versée.

    Devant cette mise en demeure, la municipalité décide un emprunt et émet un nombre suffisant de bons remboursables à volonté dans le délais de deux années, au taux de 5%.

    Le 21 décembre 1870, Montmorency doit verser 430 Frs à l'intendance militaire allemande, pour paiement de couvertures de laine.

    Le 13 janvier 1871, nouvelle contribution de guerre de 1852 Frs. La commune doit payer en outre, 60 francs de bas de laine, 300 francs pour 15 paires de bottes.

    Le 28 janvier 1871, elle doit verser 220 francs pour 11 paires de bottes, etc.… Les réquisitions prussiennes se suivent et l'état de situation résultant de l'occupation se détaille ainsi :

    1) Contribution de guerre : 8370 francs

    2) Réquisition en nature : 1425,50 francs

    3) Garnison et séjour payés aux habitants : 1850 francs

    4) Location d'un corps de garde 15 francs.

    Soit une lourde charge de plus de 11 000 francs.

    Les réquisitions en nature comprenaient 300 doubles décilitres d'avoines, un cheval réquisitionné à Chatel-Pie, une vache appartenant à Pierre Toussaint.

    Par la guerre de 1870, Montmorency, comme toute la France était ruinée et perdait trois de ses habitants ; Lugnier Pierre, Barolain Ernest et Chatel Emile