
LA VOIRE
Le finage de Montmorency est traversé par la rivière de Voire.
La Voire, affluent de l'Aube, prend sa source à Sommevoire (Haute-Marne) et, après avoir traversé une magnifique prairie, se jette dans l'aube à Chalette.
De tous temps, la Voire, par suite de ses inondations, a été sujet de soucis pour les habitants.
C'est qu'en effet, la Voire, recevant de nombreux petits ruisseaux, tributaire de l'étang de la Horre, a un lit peu profond. Ses inondations détruisent très souvent les récoltes des près, revenu important pour les habitants de la commune.
MM. Mérendet, Derisson et Persin, ont relaté dans un ouvrage tous les efforts faits par les communes riveraines pour éviter ou tout au moins atténuer ces inondation.
Le travail le plus ancien qui ait laissé des traces est le canal dit Duc de Montmorency. Le 21 août 1556, François de Clèves, duc de Nivernais, céda aux habitants d'Hampigny, Beaufort, Villeret et Lentilles la prairie du Ham, sous condition de redevances annuelles. Mais les habitants de Beaufort et des communes voisines refusaient de payer les redevances dues, prétextant que la prairie était sujette à trop fréquents débordements. C'est alors qu'en 1690, pour éviter ces inondations, le Duc de Montmorency-Luxembourg fit creuser un canal. En 1765, ce canal est prolongé par le canal de Bange. Mais ce canal ne put être terminé par suite de l'opposition des religieux Minimes de Villiers, qui décidèrent qu'aucun travail ne serait fait sur leurs propriétés.
En 1751, les habitants de Montmorency intentèrent un procès à Berbier du Metz, comte de Rosnay, propriétaire du moulin de Rosnay, prétextant que la retenue importante d'eau faite par le barrage du moulin inondait toute la prairie.
Après un procès qui dura sept ans, le comte du Metz fut condamné à payer aux propriétaires de prés des communes de Montmorency, Blignicourt, Rances, Villeret, Hampigny et Lentilles, 20 641 livres de dommages intérêts. En outre il eu à payer 6200 livres pour frais de procès et il fut obligé d'abaisser de 25 pouces les retenues de son moulin.
De nouveaux procès furent intentés en 1776, en 1801, en 1831.
Le 29 décembre 1842, M. le Préfet de l'Aube nomme la première commission syndicale chargée de procéder aux études relatives à l'amélioration du régime de la Voire. Les efforts de cette commission furent stériles et, le 1er novembre 1853, une nouvelle commission fut nommée, dont les résultats ne furent pas meilleurs. Ce n'est que le 27 juillet 1892 qu'une nouvelle commission aborda énergiquement la question du curage de la Voire et la fit aboutir. Les travaux de curage furent terminés le 27 juillet 1901 à la satisfaction de la majorité des propriétaires de près.
Ce travail important, qui date de plus de 30 ans, a besoin d'être refait, et la commission syndicale s'y emploie activement.