La révolution

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LA REVOLUTION.

    Grand mouvement du peuple des villes pour sa libération. Mais les paysans secouent à leur tour le joug séculaire des privilégiés. Montmorency participe modestement à la lutte révolutionnaire. Partout les esprits sont excités contre les nobles ; le duc de Montmorency le comprit bien que, dès juillet 1798 après la prise de la bastille, il s'employa, par ses dons, à se faire aimer des citoyens qui avaient été pendant si longtemps ses sujets ; et le très haut, très puissant seigneur Monseigneur Anne-Léon de Montmorency, premier baron chrétien, et premier baron de France, chef des noms et armes de la maison, prince souverain d'Aigremont, maréchal des camps et armées du Roy, cousin de feu Monseigneur le Dauphin, connétable de Normandie, faisant savoir, le 22 juillet 1789, qu'il donnait 29 livres de rentes annuelles aux pauvres de Montmorency.

    Les grandes journées révolutionnaires de 1789 n'ont pas de répercussions à Montmorency, et ce n'est que le 18 mars 1790 que le conseil général de la commune s'organise.

    L'assemblée chargée désormais de l'administration communale comprend : M. Revillon, maire, Jacques Courtalon et Etienne Lefol, officiers municipaux, Jean Picard, Jean-Baptiste Collet, Nicolas Masse, Jacques Drouin, François Perrin et Jacques Gombault, notables. Jérôme Vauthier est nommé officier de police le 3 avril 1790.

    Le conseil général de la commune est entièrement dévoué aux idées révolutionnaires et la lettre ci dessous, écrite le 25 avril 1790, en réponse à la demande faite par la ville de Troyes, de participer à une confédération patriotique pour le maintien de la constitution, le prouve :

    "Messieurs, nous n'avons pu répondre à la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire au sujet de votre délibération de 14 du mois dernier, elle ne nous est presque parvenue qu'au moment où nous avons eu connaissance du décret qu'elle a occasionné et nous avons vu avec plaisir que la crainte, dont vous nous faisiez part et dont nous étions pénétrés comme vous, paraissant heureusement dissipée… Nous sommes fâchés de ne pouvoir vous envoyer un député pour concerter la fédération que vous nous proposez, mais elle existe dans nos cœurs et nous mettrons toujours le plus grand zèle et le plus grand empressement à défendre la constitution que nous avons juré de maintenir de tout notre pouvoir." Signé: Revillon, Masse, Lefol, Drouin, Collet, Gombault, Courtallon.

    C'est le 12 mai 1790 que la municipalité organise une garde nationale pour "prévenir les troubles que les circonstances peuvent faire naître et veiller à la tranquillité générale" et "donner ainsi des preuves de son patriotisme et de son zèle pour le soutien de la constitution".

La garde nationale est ainsi composée :

Colonel: Pargny

Lieutenant colonel : Nicolas Jacquot

Major: Jacques Gombault

Lieutenant porte étendard: J.B. Proquez

Tambour: J.B. Charuet

    Puis deux compagnies sont formées. La première, qui comprend 18 hommes, est commandée par le capitaine J.B. Ragon et par le lieutenant Paul Simon-Chatel, les sergents J.B. Collet le jeune et Louis Lefol. La deuxième Cie est commandée par le capitaine Claude Laurent, le lieutenant Jean Lefevre, les sergents Etienne Gallot et pierre Blin, et comprenait 16 soldats. Le 25 mai 1790, la garde nationale fût doté, par la commune, d'un drapeau et de cocardes.

    La commune, sagement administrée par le citoyen Revillon, applique ponctuellement les décisions de l'assemblée nationale et la garde nationale, qui garde le village, n'est, en aucun cas, obligé d'intervenir. La révolution violente de Paris se poursuit dans le calme à Montmorency.

    Pourtant, un fait mérite d'être signalé : Le 27 novembre 1790, l'assemblée nationale décide que les prêtres devront jurer fidélité à la constitution ; le citoyen Baturier, curé de Montmorency, ci-devant Beaufort, fait publier, le 2 février 1791, l'avis suivant :

    "Je soussigné, prêtre, curé de Montmorency déclare qu'en vertu d'un décret de l'assemblée nationale de 27 novembre 1790, concernant la prestation de serment civique de tous les ecclésiastiques, fonctionnaires publics, mon intention est de prêter serment dimanche prochain 6 du moi de février, à l'issue de la messe paroissiale, en l'église de ce lieu"

    Et le 6 février, en présence de Etienne Lefol, de François Perrin, de Jacques Courtalon et de J.B. Collet, M. Baturier monte en chaire, lève la main et jure solennellement de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse et de maintenir de tout son pouvoir la constitution.

    Un autre prêtre nommé Sevestre, domicilié en cette commune mais n'y exerçant pas, prête le même serment quelques mois plus tard.

   1792 L'assemblée législative a déclaré la guerre à l'Autriche et les armées ennemies envahissent la France. L'assemblée législative décrète que la patrie est en danger et fait appel aux volontaires qui désirent combattre dans les armées de la révolution.

    Le maire convoque immédiatement l'assemblée nationale générale de tous les habitants et, dans un appel enflammé, il demande aux jeunes gens solides et non indispensables à la vie du village d'aller combattre les ennemis de la constitution.

    Les citoyens Lefol, Mathieu et Chatel s'engagent et partent pour m'armée, accompagnés jusqu'à Rosnay par un grand nombre d'habitants.

    Mais la guerre dure, contre toute l'Europe coalisée contre nous, les armées de la révolution luttent victorieusement ; il faut que le patriotisme des paysans aide efficacement le patriotisme des soldats.

    A Montmorency, les hommes extraient, de la cote située lieu dit "La Voie creuse" et de la grande perrière les pierres salpêtrées qu'ils transportent à Rosnay pour être lavées et pour fabriquer la poudre. Les femmes confectionnent et offrent à nos soldats des chemises, des bas. Collet, le cordonnier envoie des souliers.

    Mais bientôt la révolution demande à nouveau des soldats et, en 1793, la convention lève une armée de 300 000 hommes pour "abattre les tyrans".

    Montmorency fait un nouvel effort : Charles Ruert, Charles Courtalon, Etienne Lefol et six autres jeunes citoyens partent pour rejoindre l'armée de Sambre et Meuse.

    Les réquisitions sont nombreuses et la commune doit fournir d'importants contingents de blés, d'avoines et de seigle, des chevaux et des voitures.

    Tous ces sacrifices, pour la liberté si durement acquise, sont faits par la majorité des habitants, sinon avec enthousiasme, mais du moins sans plaintes.

    Il est à signaler que le citoyen Louis Ledoux refuse d'obéir et, le 27 pluviose an III, il dit publiquement qu'il préfère tuer son cheval d'un coup de pistolet que de le donner en réquisition. Pourtant, il semble que c'est le même Ledoux qui, le 4 ventose an IV, marie sa fille Théodorine Ledoux avec le général de division Bonnaud, qui fut divisionnaire sous Pichegru dans le nord, sous Hoche en Vendée, et sous Jourdan à l'armée de Sambre et Meuse.