L'empire et la restauration

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L'EMPIRE ET LA RESTAURATION

    Pendant dix ans, Napoléon Ier, empereur et maître absolu de pays, laisse la France en état de guerre, et jusque dans nos modestes villages ce ne sont que réquisitions et levées d'hommes continuelles. On sent, en compulsant les registres des délibérations du conseil municipal, que, malgré les serments répétés de fidélité à l'empereur le peuple, écrasé d'impôts et de réquisitions a assez de ce maître et souhaite ardemment un autre régime.

    En 1814, c'est avec plaisir que les habitants de Montmorency acceptent Louis XVIII comme roi de France, et le conseil municipal adresse à celui ci une longue lettre, d'où nous extrayons :

    " …c'est avec une joie inexprimable et même en formant des vœux à la divinité pour la conservation de la maison des Bourbons sur le trône de leurs illustres aïeux que humblement nous souhaitons la bienvenue à notre roi"

    Ce qui n'empêche pas, d'ailleurs, le 23 avril 1815, au retour de Napoléon Ier, de jurer à nouveau fidélité à l'empereur et de faire hisser le drapeau tricolore au sommet de l'église.

    La guerre reprend, pour abattre celui qui a eu l'audace de rentrer en France ; c'est l'invasion de la France par les armées étrangères. Un escadron de cavalerie bavaroise cantonne pendant 70 jours à Montmorency. La commune fournit le vin, la viande, le pain, le cuir et le fer. Dépense importante pour l'époque de 1597 francs, et les communes avoisinantes sont obligées d'aider Montmorency à payer une telle somme.

    C'est qu'en effet la misère est grande dans la commune, la guerre continuelle a ruiné les habitants en hommes et en argent ; de plus, en 1816 et 1817, les récoltes furent médiocres et la disette de fit vivement sentir.

    Cette époque de la restauration est surtout, pour la commune, une période d'organisation. Les maires successifs qui ont administré Montmorency réglementent la viande, pâture des oies, des mourons, des bêtes à cornes. Ils commencent à délimiter les chemins ruraux et s'occupent activement du moulin de Rosany qui, par son barrage, inonde la prairie et fait perdre à la population une grande partie de son revenu.

    1828: L'administration forestière interdit le rouissage de chanvre dans la Voire par mesure d'hygiène. Les habitants protestent contre cette décision et demande que le chanvre soit roui à l'entrée de la pâture du Pré aux Coudes.

    1829: La commune fait don à l'école normale départementale d'une rente annuelle et parpételle léguée à la commune par Nicolas Jacquot, ancien président du grenier à sel.

    1830: La commune réorganise la garde nationale, commandée par J.B. Gombault ; elle comprend 3 pelotons, 6 sections et en tout, 104 hommes, dont 20 sont armés. Cette même année, le conseil, le conseil municipal prête serment de fidélité au nouveau roi Louis-Philippe et se prépare au cri de "Vive le Roi ! Vive la liberté !" Et paie, à la même date, la somme de 8 francs au sieur Bradier, demeurant à Chavanges, pour "avoir converti le drapeau blanc en drapeau tricolore".

    1831: En 1831, le roi Louis-Philippe Ier passe à Brienne ; en foule, la population va à sa rencontre ; la municipalité donne 0.75 Frs pour leur permettre de se rendre à Brienne, saluer le roi à son passage.

    Le 27 décembre 1831, par ordonnance royale, Montmorency est désigné comme lieu de rendez vous du bataillon des gardes nationales des communes de Rosnay, Montmorency, Lentilles, Hampigny, Valentigny, Villeret, Yèvres, Rances, Blignicourt et Courcelles. M. Paré François, demeurant à Yèvres, chef de bataillon, passe la revue de tous les gardes nationaux sur le terre-plein de la cote des cavaliers, le 4 mars 1832. A cette prise d'armes, la municipalité de Montmorency dépensa 8.40 Frs pour la fourniture de 7 litres d'eau de vie et 2 francs pour les musiciens de Chavanges qui jouèrent pendant la cérémonie.

    1833: La commune fait l'acquisition d'une pompe à incendie moyennant la somme de 2100 francs. Officier commandant la subdivision des sapeurs-pompiers : François Proqueez, Sous-officier : Nicolas Gauthier et Napoléon Adéline.