
Des origines à la guerre de 100 ans.
Beaufort (belfortis, Bellumforte) semble dater de l'époque carolingienne, mais à cette époque nous n'avons pu retrouver un fait précis qui le mentionne.
Ce n'est qu'au XIe siècle que de nombreuses chartes de libéralité, faites par les seigneurs de Beaufort à l'abbaye de la Chapelle aux Planches (1) précisent l'histoire de Beaufort à cette époque.
Le premier document concernant la Châtellenie de Beaufort est une charte de donation qui date de 1060 environ (2). La châtellenie de Beaufort appartenait à Hugues Bardoul Ier, seigneur de Broyes et de Beaufort. A sa mort, vers 1080, Beaufort est légué à son petit-fils, Hugues Bardoul II. Puis, le fils de ce dernier, Simon Ier, qui épousa Agnès de Ramerupt, eut de ce mariage un unique enfant, une fille, Félicité, qui vers 1189, se maria avec Hugues comte de Rethel, et ainsi lia Châtellenie de Beaufort devient propriété des comtes de Rethel.
Beaufort se trouva successivement appartenir aux comtes de Rethel : Jean, Gaucher, Manassès, Jean de Thourotte, Manassès IV qui vendit la seigneurie.
Le comte de Rosnay, qui devait devenir Henri III, comte de Champagne et roi de Navarre, avait, épousé en 1269, la nièce du roi Saint Louis, Blanche d'Artois. Blanche avait apporté en dot 25000 livres tournois sous condition de faire emploi d'une partie de cette somme en immeubles. Ce fut alors que Blanche d'Artois acheta, en juin 1270, à Manassès IV, comte de Rethel, la seigneurie de Beaufort, moyennant 7000 livres tournois.
Mais Henri III, comte de Champagne, meurt en 1274, et Blanche d'Artois se remarie, vers 1276, avec Edmond d'Angleterre, comte de Lancastre, de Chester, de Derby et de Leicester, et ainsi les comtes de Lancastre deviennent seigneurs de Beaufort.
Vers cette époque, les seigneurs de Beaufort avaient fondé, dans leur château même, un chapitre sous le titre de Saint thomas Becket qui, de l'abbaye de Pontigny, vient, en 1165, consacrer l'église inférieure de Rosnay. Ce chapitre était composé, à l'origine, d'un doyen et de deux chanoines à la collation de seigneur du lieu. Dans la suite, il fut réduit à un chatelin et, plus tard, le curé jouit seul de trois bénéfices à la charge de douze messes basses annuelles et d'une messe solennelle le jour de Saint Thomas. Il paraît que les cloches du chapitre étaient placées au sommet de la grosse tour du château.
![]()