De Louis XI à la révolution

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De Louis XI à la Révolution.

    Coupable de trahison, Jacques d'Armagnac fut condamné à mort par Louis XI (4 avril 1477) et la châtellenie de Beaufort redevint domaine royal.

    Le 17 juillet 1479, Louis XI fit don en viager, à Thierry III de Lenoncourt, du comté de Beaufort, Larzicourt, Soulaines.

    En 1504, le roi de France, Louis XII, donna Beaufort à son neveu, Gaston de Foix. La seigneurie de Beaufort resta à la famille des Foix jusqu'en 1553. Ensuite elle passa à François Ier de Clèves, duc de Nivernais, comte d'Eu, qui en août 1556, par transaction entre Beaufort Lentilles, Villeret, Longueville et lui, fit don, aux habitants de ces communes, des prairies du Ham et d'une carrière sise à Beaufort. (1)

    Les guerres de religions eurent leurs répercussions dans le village de Beaufort. Les deux partis, catholiques et protestants furent aux prises. Le château fort fut en partie démoli et les nombreuses traces de projectiles que l'on remarque encore aujourd'hui sur les murs de l'église attestent à la fois la violence de l'attaque et l'énergie de la défense.

    Le 6 juillet 1597 la duchesse de Guise, descendante de la maison de Foix, vendit le comté de Beaufort et toutes ses dépendances à Gabrielle d'Estrée, maîtresse de Henri IV.

    Aussitôt cette acquisition, Henri IV réunit le comté de Beaufort à la baronnie de Jaucourt et les érigea en duché prairie en faveur du duc de Vendôme, son fils naturel, né de Gabrielle d'Estrée.

    César, duc de Vendôme et de Beaufort, eut deux fils et, à sa mort en 1665, son fils François, duc de Beaufort le célèbre roi des Halles devint le propriétaire de Beaufort jusqu'en 1669.

    De 1638 à 1657, la Champagne est désolée pendant près de vingt ans par des bandes de soldats ne commettant qu'actes de brigandages.

    Les troupes de Turenne et du maréchal de la Ferté ravagent Beaufort. Le curé de Beaufort, nommé Lemoyne, atteste, dans un rapport qu'il envoie à ses supérieurs, que les Lorrains ont pillés et ravagé deux fois sa paroisse, où ils ont tué une douzaine de personne ; que lui-même s'est enfui dans les bois, où il est demeuré six semaines.

    Mais François de Beaufort, ruiné par ses excès, ne laisse que des dettes à sa famille et, par contrat en date du 18 mars 1688, son héritier, le duc de Vendôme, vendit à Charles Montmorency-Beaufort le duché prairie de Beaufort, comprenant Beaufort, Soulaines, Larzicourt et Jaucourt, moyennant 460 000 livres.

    Par lettres patentes d'octobre 1689, Louis XIV décida que désormais, Beaufort serait appelé Montmorency. Le duché de Montmorency forma alors un bailliage dépendant, pour les appels de Paris, pour les cas royaux de Chaumont.

    De Louis XIV à la révolution, l'histoire à perdue trace de faits saillants.

    Pourtant, nous tenons à dire que le terrible hiver de 1709, qui achevait de ruiner la France déjà si éprouvé par les guerres de Louis XIV, fit aussi de terribles ravages à Montmorency : 61 personnes meurent, dont 40 enfants de moins de 7 ans, au cours de cet hiver rigoureux.

    Nous citerons aussi des deux mentions inscrites sur les registres de l'Etat Civil par le curé Mony, prêtre de Montmorency, et qui font l'état de deux années exceptionnelles au cours de ce XVIIIe siècle.

    "L'an mil sept cent quatre vingt un, on à mangé du pain de seigle le 13 juin et le 14 on a commencé la moisson partout"

    "On a dit et célébré la messe le 15 juillet avec du vin nouveau et on a vendangé les jardins de la paroisse le 7 septembre et les autres vendanges se sont faites le 18, avec une abondance sans pareille. Un jardin de 3 denrées à produit 20 muids de vin. Les vignes du pays on produit 4 muids de vin. Il faut observer que depuis le 27 février jusqu'à la saint Jean, il n'y a point eu de pluie, ce qui a rendu l'année si sèche que les avoines et les orges on manqué et à Noël les sources des puits n'étaient pas remplies. Il y a rareté de fourrage."

" Requiescat in pace" Signé : Mony, curé.

 

La deuxième note est ainsi conçue :

    " L'an 1788, la gelée de cette année à commencé à la fête de tous les saints et a duré jusqu'à celle des rois, pareille à l'année 1709. Cherté du grain de toute espèce et rareté des eaux. Heureusement les moulins à vents qui ont absolument remplacé ceux à eaux ne pouvant tourner à cause des glaces qui étaient de plus de 4 pieds 1/2 d'épaisseur… Il y eu des charités considérables dans toutes les villes pour soulager les malheureux, et nombre, malgré cela, sont mort tant de froid que de nécessité. Le dégel est venu cependant pour faire beaucoup de ravage et les blés qu'i n'étaient point levés ont commencé à paraître, ce qui réjoui les cultivateurs. Deus Astra regit" : signé: Mony, Curé.

    Avant la révolution, Montmorency possédait une maladrerie de fondation royale, et un grenier à sel, construit avec les débris de l'ancien château. A ce grenier, les habitants de 99 communes venaient faire leur provision de sel.

    Nous insisterons plus longuement sur la maladrerie, dont les biens procurent encore aujourd'hui 165 francs de revenus à la commune. C'est M. Alfred Bardet, dans son ouvrage : "L'hôpital de Brienne" qui en fait mention.

    La maladrerie de Beaufort, de fondation royale à la nomination de grand aumônier de France, était une maison religieuse où les personnes atteintes de la lèpre (maladie très répandue autrefois) étaient tenues de reste. Le lépreux ne devait ni manger ni boire, en dehors de la maladrerie, un costume particulier le signalait aux passants pour les écarter de son voisinage, jugé dangereux.

    La maladrerie de Beaufort possédait des biens, mas, par deux arrêts du conseil royal rendus les 7 septembre 1693 et 4 janvier 1695, la maladrerie de Beaufort fut incorporée à l'hôpital de Brienne, à condition que cet hôpital reçoive les malades pauvres de Beaufort en proportion des revenus de l'ancienne maladrerie.

    Ce droit rarement exercé était tombé, dit M. Alfred Bardet, dans une si profonde désuétude en 1826, que quelques vieillards seuls en connaissent l'existence. Le maire de cette époque, M. Bonnescuelle-Duplessy, guidé par leurs vagues souvenirs, fit d'actives et utiles démarches pour le faire revivre. Ignorant l'origine de ce droit si précieux pour les pauvres de sa commune, il invoquait une prétendue donation faite à l'hospice de Brienne par une dame Navelet, morte à Rosnay en 1725, qui aurait fondé deux lits au profit des pauvres de Montmorency. Le titre de cette donation ne pouvait être énoncé faute de renseignements, ni produit, se trouvant, disait-on, perdu depuis longtemps.

    Les commissaires administrateurs de l'hôpital de Brienne, mieux renseignés par leurs archives, reconnurent l'origine exacte du droit réclamé, mais non sous la forme de deux lits dotés par une fondation particulière.

    Ils consentirent, en 1827, à accorder aux bénéficiaires les secours hospitaliers jusqu'à concurrence du revenu des biens de l'ancienne maladrerie (2) de Beaufort Mais avec déduction d'une part proportionnelle dans les charges générales de l'hôpital.

    Un accord intervint donc, le 21 avril 1831 entre l'hospice de Brienne et la commune de Montmorency. Depuis cette époque, en vertu de cet arrangement, l'hôpital de Brienne ne reçoit plus les pauvres de Montmorency, mais verse, à la commune, le tiers du revenu des biens qu'il possède.

 


  1. :Voir la transaction entre M. le Duc de Nivernais et les habitants et manants de Beaufort, Lentilles, Villeret, Morcey, Hamtel et Surmont.
  2. : Ces biens comprennent plus de 8 hectares de terres, prés et bois, sur les territoires de Montmorency et Lentilles.